Ceci est une digression.
Un rêve, ce serait de m'asseoir sur une rambarde de pont, au dessus de la Loire. Genre le Pont Willy Brandt (c'est sympa, le pont Willy Brand, il y a une grosse rambarde, ça doit être confortable. En plus il y a une plaque avec une citation : «plus de justice et de solidarité humaine : voilà le leitmotiv de la société mondiale». C'est beau, les utopies...). Les pieds dans le vide, tranquilloche, et puis rester là, des heures, pour l'éternité.
Le problème, c'est que si tu fais ce genre de truc, il y a de fortes chances pour qu'une âme charitable vienne te sauver la vie et que tu te retrouves à l'hôpital psychiatrique.
Notez que ce genre de gens m'énervent profondément. D'abord, si on a envie de se suicider, je vois pas de quoi ils se mêlent. Moi, un type se jette d'un pont devant moi, je ne bouge pas le petit doigt de pied ( évitez quand même, hein ! Merde, quoi). C'est bien beau d'avoir une devise nationale qui prône la liberté, si c'est pour ne même pas avoir le droit de faire ce que l'on veut de sa propre vie sans être considéré comme fou à lier.
Font chier les âmes charitables, à vouloir sauver la vie de tout le monde, des suicidés, des mômes africains qui ont rien demandé à personne (le colonialisme n'est pas fini...), de la planète et des petits oiseaux qui se font bouffer par les chats. Faut bien que tout le monde vive et crève, nan ?
Qui crèvent comme des chiens
Ensuite (et surtout), je suis pas suicidaire. Donc c'est pas la peine de venir m'emmerder à me sauver la vie. Je veux juste m'asseoir sur la rambarde d'un pont (et si je tombe, ce serait un accident. Remarquez, c'est pas impossible, je suis du genre pas doué, parfois).
L'autre problème, c'est qu'il y a pas mal de circulation sur le Pont Willy Brandt, et moi j'aime bien le calme, parfois (en l'occurrence, dans cette situation idéale, je voudrais être au calme).
Bon, ces deux problèmes pourraient facilement être réglés, il suffirait d'anéantir l'humanité, ou au moins sur Nantes si ce genre de radicalisme vous gêne. Un peu comme dans la Ratte de Günter Grass (nan, en fait je sais pas, ça fait longtemps que j'ai lu ce bouquin, je ne sais plus de quoi il parle. Disons plutôt comme Deucalion et Pyrrha ou Noé et je sais plus qui. Purée, je me souviens plus du nom de la femme de Noé, c'est trop bête ! Par contre j'ai le nom de ses trois gosses : Sem, Japhet et Cham qui a vu son père tout nu)
De n'avoir pas aimé la vertu toute nue !
Bon. Ça vous explique pas pourquoi le grand rêve, ce serait de m'asseoir sur la rambarde du pont Willy Brandt.
En fait, il y a quelques années, avec des copains, on a sauté dans un torrent, dans les Alpes, depuis un pont. Les plus peureux depuis un tuyau un peu moins haut, mais j'vous signale que je suis extrêmement crâneuse et qu'il est hors de question que je passe pour peureuse. Bref... quand j'ai enjambé le pont, je me suis dit que ça devait être génial de rester là des heures, à laisser courir les pensées. Le seul truc, c'est que j'avais pas trop le temps d'apprécier, sinon ils auraient pensé que j'avais peur de sauter (d'un autre côté, ils sont cons, parce que le peureux, il enjambe direct et saute sans réfléchir. Le vrai courage, c'est de se laisser le temps d'apprécier le danger, de le sentir, de le fantasmer et de sauter en toute connaissance de cause. L'inconscience, c'est le courage des peureux, moi j'dis).
Mais en fait, ça n'aurait pas été parfait parce que c'était un torrent qui faisait plein de bruit, et puis la vue était un peu bouchée par des parois rocheuses.
Alors qu'à Nantes, ça serait nickel. Si on enlevait les Nantais.
D'un autre côté, je ne me sens pas particulièrement une âme de génocideuse. Déjà que j'arrive même pas à écraser une mouche, même que je les attrape avec un pot pour ne pas leur faire mal... alors plusieurs centaines de milliers de gens, même si j'aime pas les gens (mais j'aime pas les mouches non plus (nan, je me la pète misanthrope mais c'est pas vrai)), ça va être chaud. D'autant plus que rêvasser avec 500 000 personnes sur la conscience, je ne sais pas si c'est très facile (figurez-vous que j'ai jamais tenté l'expérience...).
Il faudrait un truc style fausse alerte d'un accident nucléaire, ou dans le genre. Avec tous les machins Seveso qu'il y a dans le bled, ça pourrait être crédible.
Ça risque d'être chaud à mettre en place, quand même. D'autant plus que je suis sûre que ça merderait, qu'il n'y aurait pas moyen d'être tranquille.
Dommage.
Dommage, parce que ce serait vraiment cool. Assise, toute seule, sur la rambarde du pont Willy Brandt, pour cinq minutes, une heure, une journée, une éternité, qu'importe.
Peut être un baladeur. Je sais pas. Le baladeur, ça sert à se couper du monde, à avoir un espace sonore rien que pour soit, tranquilloche, un espace sonore qui annihile l'espace tout court. En fait, le baladeur, c'est un substitut au Pont Willy Brandt, du coup, il n'y en aurait peut être plus besoin. Mais c'est pas sûr, parce qu'en rajoutant une putain de symphonie de n'importe qui, ça pourrait être encore plus chouette.
Mais c'est pas sûr, parce que la musique, le problème, c'est que ça empêche l'éternité, vu que ça a une structure, une durée, une progression. Quoiqu'en cherchant dans les atonaux, genre Debussy ou pire (mieux ?), en boucle, ça devrait le faire. Déjà, la musique non tonale, c'est beaucoup moins... comment dire ? Le problème de la musique tonale, c'est que c'est une alternance de tensions et de détentes, si tu dépasses ça, tu peux avoir un fond sonore (sans pour autant tomber dans la techno. J'ai rien contre la techno, hein, mais quand même, dans le genre simulateur d'absolus, on fait mieux).
En fait, faudrait que je prenne un sac, parce que si je décide de pas écouter le baladeur, faudrait pas que je le mette dans la poche, je suis sûre que le contact contre la jambe, le poids troubleraient insupportablement l'harmonie de la chose.
D'un autre côté, j'aurais peur que le sac tombe dans l'eau, donc faudrait que je le mette de l'autre côté de la rambarde. Mais alors, j'aurais peur que l'on me le pique. Faudrait que je sois vraiment certaine que le coin soit complètement dépeuplé, pour avoir l'esprit tranquille.
Et puis, le problème des baladeurs, c'est que la batterie ne tient pas terrible, alors pour une éternité d'une minute ça va, mais pour la journée, c'est moyen. En plus le retour à la réalité façon «low battery», bon, voilà quoi, c'est un peu violent. Casse le charme.
Ou alors je prends pas de baladeur, en fait c'est assez secondaire. L'important, c'est d'être tranquille, et que le regard puisse aller se paumer quelque part, les pensées se balader à droite à gauche, sans aucun trouble.
Bon, j'en ai marre d'écrire, la suite un autre jour (ou pas).
Je me demande, primo s'il y a vraiment quelqu'un qui a eu le courage de lire entièrement cet article, secundo s'il y a quelqu'un qui l'a vraiment compris...

9 commentaire(s):
J'ai tout lu.
Mais je vais recommencer...
...et rerecommencer demain, les neurones fonctionnels. Parce que là, j'ai comme l'impression de passer à côté du truc...
J'ai tout lu aussi. Effectivement, tu as envie de sortir pour t'aérer l'esprit. Je préfère le bruit de l'eau, c'est beau.
Ben non, bien sûr, on n'a pas les compétences...
LOL
Moi J'ai très bien compris, tu es simplement entrain de faire ta liste pour le père noel: un des baladeurs Sony qui a une autonomie de plusieurs dizaines d'heures et un casque fermé et isolant. ;-)
Sinon, ça ferait une bonne pub air France...
Grmbl.
Max : ici : http://contrelelol.free.fr/
Ah ben si c'est pour m'envoyer un site qui écrit : « Résistons CONTRE le LOL »...
Enregistrer un commentaire