Comme si c'était pas déjà assez symboliquement violent comme ça, d'«occuper» (si l'on peut appeler ça une occupation) un lieu de transmission du savoir. Violence démultipliée par la banalité de l'acte (une fois tous les deux ans, c'est ça ?), par la résignation de ceux qui la subissent. Si c'était exceptionnel, si c'était décidé par les étudiants, pourquoi pas.
Non. En plus, il faut qu'ils me la salissent, ma fac, qu'ils me la défigurent avec leurs discours puants.
Non. En plus, il faut qu'ils me la salissent, ma fac, qu'ils me la défigurent avec leurs discours puants.




(c'est de la vulgarisation ?
et après, on va nous dire que les médias manipulent les foules en les formatant et en ne le proposant pas de réflexion digne de ce nom...)




Je me demande qui est cet hypothétique peuple que l'on représente tant... Qui le constitue ?
Fantasme de quelques utopiques qui vivent cinquante ans en arrière, qui aimeraient continuer la lutte des classes... Quel peuple ? Celui qui vote Sarkozy ? Non, certainement pas, celui-là, ils le méprisent. La belle démocratie, qui a probablement plus de représentants que de représentés.
C'est toujours plus simple de décréter que les gens sont cons et en conclure que l'on fera sans eux, en dépit d'eux, contre eux, plutôt que de les écouter, de les comprendre, de causer avec eux et de faire évoluer la situation de l'intérieur. On défend la démocratie quand on en a besoin, mais quand elle nous gêne, on la rejette, parce que les «gens» sont trop bêtes. Mais que construira-t-on contre ces «gens» ?
Comment cela finira-t-il ? Soit le mouvement s'essoufflera, dans longtemps, on aura perdu du temps pour rien, peut être qu'au passage ils se seront bien fait entuber par les syndicats, comme d'hab'.
Ou alors, ils se feront virer à coups de CRS, et ce sera tout. Les Français seront contents que l'on ait enfin remis de l'ordre, et moi je serai triste parce que je veux pas retourner en cours entre deux rangées de flics.
Les étudiants, quelques petits bourgeois qui n'ont connu que la démocratie et peuvent se permettre de cracher dans la soupe. Combien pisseraient dans leur froc et resteraient sagement chez papa-maman, s'ils vivaient vraiment sous une dictature ? Tous, c'est sûr, il suffit de trois CRS pour les faire reculer : la révolution en parole, on cogite un peu, on s'excite beaucoup, on agit... beaucoup moins. En une semaine de blocus... deux manifs, et puis ? Et puis c'est tout. Le gouvernement tremble sûrement.
Tout ça pour pas grand chose. La loi, la fameuse loi... je l'ai lue. J'ai rien compris. Alors je suis allée lire ça (trouvé sur ce blog) et d'autres choses encore (notamment l'article de Wikipédia, que la honte soit sur moi, Wikipédia c'est le mal... mais ça permet d'avoir un avis pas trop orienté, sur les questions politiques). Même si c'est pas franchement impartial... on peut pas dire que ça soit la pire loi qui soit passée cette année.
Je ne vois pas pourquoi les frais d'inscriptions vont passé à mille euros. Je vois pas pourquoi la fac va être privatisée, je vois pas pourquoi la fac va devenir élitiste.
Bon, okay, il va y avoir proportionnellement un peu plus de personnes de l'extérieur, un peu moins de délégués étudiants dans le CA... et quand on voit la gueule des syndicats étudiants, entre l'Uni, l'Unef et Sud, y a pas de quoi pleurer.
Avant, le CA : 30-60 membres (40 à 45% d'enseignants, 20 à 30% de personnalités exterieures, 20 à 25% d'élus étudiants, 10 à 15% d'élus Iatoss). Vous notez qu'il y avait déjà plus de personnalités exterieures que d'élus étudiants. Après la loi : 20-30 membres (dont : 8 à 14 enseignants-chercheurs, etc. (c'est à dire 40%-45%), 7 à 8 personnalités exterieures (26%-35%), 3 à 5 élus étudiants (15%-16%), 2 à 3 élus Iatoss (10%)).
Pour le reste : on nous promet la suppression des UFR de philo et de lettres classiques, je demande à voir l'extrait de la loi où c'est écrit.
Alors, okay, on peut dire que de certains points de vue, cette loi n'est pas terrible, dans les orientations... mais, faut pas déconner. On fait pas un blocage de fac pour si peu, surtout que ledit mouvement repose sur une désinformation réelle. Bloquer une fac, c'est grave.
Bordel, on gueule pour si peu, mais est-ce que l'on gueule, quand la moitié de l'Afrique crève de faim, est-ce que l'on gueule quand Fillon propose d'introduire «un peu de proportionnelle» dans les législatives (genre, mais genre... voulez-vous un peu de démocratie dans vos élections ? Pourquoi pas un peu de sel ?), gueule-t-on quand on parle de juger les fous ? Gueule-t-on quand des innocents sautent du troisième par peur des flics ? Gueule-t-on quand une constitution rejetée par référendum est repassée discrètement en assemblée ?
Nan, on gueule parce que les élus étudiants vont passer de 20 à 15% au CA des facs. Parce que ça tombe bien, on pourra gueuler plus fort, avec les cheminots qui demandent je ne sais quoi.
Vivement que l'on retourne en cours, et que tout soit comme avant, ou presque, et que je puisse oublier l'existence même du mot «politique».
Fantasme de quelques utopiques qui vivent cinquante ans en arrière, qui aimeraient continuer la lutte des classes... Quel peuple ? Celui qui vote Sarkozy ? Non, certainement pas, celui-là, ils le méprisent. La belle démocratie, qui a probablement plus de représentants que de représentés.
C'est toujours plus simple de décréter que les gens sont cons et en conclure que l'on fera sans eux, en dépit d'eux, contre eux, plutôt que de les écouter, de les comprendre, de causer avec eux et de faire évoluer la situation de l'intérieur. On défend la démocratie quand on en a besoin, mais quand elle nous gêne, on la rejette, parce que les «gens» sont trop bêtes. Mais que construira-t-on contre ces «gens» ?
Comment cela finira-t-il ? Soit le mouvement s'essoufflera, dans longtemps, on aura perdu du temps pour rien, peut être qu'au passage ils se seront bien fait entuber par les syndicats, comme d'hab'.
Ou alors, ils se feront virer à coups de CRS, et ce sera tout. Les Français seront contents que l'on ait enfin remis de l'ordre, et moi je serai triste parce que je veux pas retourner en cours entre deux rangées de flics.
Les étudiants, quelques petits bourgeois qui n'ont connu que la démocratie et peuvent se permettre de cracher dans la soupe. Combien pisseraient dans leur froc et resteraient sagement chez papa-maman, s'ils vivaient vraiment sous une dictature ? Tous, c'est sûr, il suffit de trois CRS pour les faire reculer : la révolution en parole, on cogite un peu, on s'excite beaucoup, on agit... beaucoup moins. En une semaine de blocus... deux manifs, et puis ? Et puis c'est tout. Le gouvernement tremble sûrement.
Tout ça pour pas grand chose. La loi, la fameuse loi... je l'ai lue. J'ai rien compris. Alors je suis allée lire ça (trouvé sur ce blog) et d'autres choses encore (notamment l'article de Wikipédia, que la honte soit sur moi, Wikipédia c'est le mal... mais ça permet d'avoir un avis pas trop orienté, sur les questions politiques). Même si c'est pas franchement impartial... on peut pas dire que ça soit la pire loi qui soit passée cette année.
Je ne vois pas pourquoi les frais d'inscriptions vont passé à mille euros. Je vois pas pourquoi la fac va être privatisée, je vois pas pourquoi la fac va devenir élitiste.
Bon, okay, il va y avoir proportionnellement un peu plus de personnes de l'extérieur, un peu moins de délégués étudiants dans le CA... et quand on voit la gueule des syndicats étudiants, entre l'Uni, l'Unef et Sud, y a pas de quoi pleurer.
Avant, le CA : 30-60 membres (40 à 45% d'enseignants, 20 à 30% de personnalités exterieures, 20 à 25% d'élus étudiants, 10 à 15% d'élus Iatoss). Vous notez qu'il y avait déjà plus de personnalités exterieures que d'élus étudiants. Après la loi : 20-30 membres (dont : 8 à 14 enseignants-chercheurs, etc. (c'est à dire 40%-45%), 7 à 8 personnalités exterieures (26%-35%), 3 à 5 élus étudiants (15%-16%), 2 à 3 élus Iatoss (10%)).
Pour le reste : on nous promet la suppression des UFR de philo et de lettres classiques, je demande à voir l'extrait de la loi où c'est écrit.
Alors, okay, on peut dire que de certains points de vue, cette loi n'est pas terrible, dans les orientations... mais, faut pas déconner. On fait pas un blocage de fac pour si peu, surtout que ledit mouvement repose sur une désinformation réelle. Bloquer une fac, c'est grave.
Bordel, on gueule pour si peu, mais est-ce que l'on gueule, quand la moitié de l'Afrique crève de faim, est-ce que l'on gueule quand Fillon propose d'introduire «un peu de proportionnelle» dans les législatives (genre, mais genre... voulez-vous un peu de démocratie dans vos élections ? Pourquoi pas un peu de sel ?), gueule-t-on quand on parle de juger les fous ? Gueule-t-on quand des innocents sautent du troisième par peur des flics ? Gueule-t-on quand une constitution rejetée par référendum est repassée discrètement en assemblée ?
Nan, on gueule parce que les élus étudiants vont passer de 20 à 15% au CA des facs. Parce que ça tombe bien, on pourra gueuler plus fort, avec les cheminots qui demandent je ne sais quoi.
Vivement que l'on retourne en cours, et que tout soit comme avant, ou presque, et que je puisse oublier l'existence même du mot «politique».

10 commentaire(s):
C'est des stores de fac avec des pubs dessus ?????????????????????????????????????????????????????????????
Bon sinon, vivement la dictature, qu'on te voie sortir de derrière ton écran !
"Soit le mouvement s'essoufflera, dans longtemps, on aura perdu du temps pour rien, peut être qu'au passage ils se seront bien fait entuber par les syndicats, comme d'hab'."
-> C'est clair...quand on pense que Mai 68 s'est fini avec un départ en vacances général...
"Pour le reste : on nous promet la suppression des UFR de philo et de lettres classiques, je demande à voir l'extrait de la loi où c'est écrit."
-> ça me rappelle les "on va envoyer les enfants en contrat professionnel dès la 4e !" des "représentants étudiants" contre le CPE qui s'essoufflaient un peu et arrivaient à bout d'arguments... alors ils en inventaient. Pas très efficace, néanmoins.
Certes, tout ceci (blabla, relisez le post si vous ne voyez pas de quoi je parle =) ) n'est pas inscrit noir sur blanc dans la loi. Mais il suffit de réfléchir un peu aux conséquences que cette loi pourra avoir (et aura sûrement ? oui, en tout cas si le gouvernement continue à tendre vers ce modèle de société ultra-libérale) pour que les facs se "privatisent", pour que certaines filières disparaissent, pour que les frais d'inscription augmentent, etc. Une loi, parce qu'elle introduit du changement, ne peut pas avoir pour seuls résultats ce qui est prévu dans son texte. Tu sais, "l'effet boule de neige"...
Bon, pour les dégradations, c'est débile, mais ne stigmatise pas s'il-te-plait : l'immense majorité des bloqueurs n'y sont pour rien !
Pour ma part, je gueule pas que contre la LRU : je gueule contre un projet de société, contre le modèle déjà en place, pour une prise de conscience collective qu'il FAUT changer de direction tout de suite. Je ne détaille pas ce que je revendique, pour cela, si ça vous intéresse, allez voir ce que disent les "Décroissants" : ça correspond bien à ce que je pense (quoi que pas totalement, mais en grande partie). Et parmi ceux qui sont mobilisés, pas seulement parmi les étudiants, mais aussi les cheminots (je dis ça parce que j'ai discuté avec certains hier), et bien beaucoup (je ne pourrais pas chiffrer) sont aussi dans cette optique de lutte et de changement global-e.
Les revendications actuelles ne sont que des prétextes, pour "lancer la machine" (?)
J'aime bien te lire. Je suis d'accord avec toi. En même temps, je n'ai jamais eu affaire à la fac en tant que telle puisque j'étais dans une école dépendante du ministère de la culture. [mais j'ai pas mal trainé dans celle de sciences]
Tes photos m'affligent mais le truc, c'est qu'on sait qu'on est dans une fac de lettres : y'a pas de fautes!
Et pour Ed, sur les stores, c'est de la pub pour le site internet de la fac, donc est-ce qu'on peut appeler ça de la pub? et juste en dessous, c'est de la pub pour des évènements [c'est bien cette histoire d'accents que tu mets comme tu veux sur le deuxième e!] culturel pour les étudiants [mais pas que]. Donc pas franchement de la méchante pub faite par les méchants capitalistes pour les méchants capitalistes non plus...
Ben... J'aurais presque pas écrit une ligne différente de toi. Cette loi c'est loin d'être le diable, il y a beaucoup de manipulation (dans le genre "désengagement de l'Etat" alors que 5 milliards vont être mis (bon évidemment on peut toujours dire que c'est pas assez, mais ça évidemment que si on avait 1 000 milliards sous la main ce serait super)), et (très très) loin de moi de défendre la clique de Pécresse et Sarkozy (à mon avis tu sais à quel point je les hais)...
Ils auraient pu faire mieux à Nantes... Gordon c'est la marque la plus célèbre de Gin ! Ajouté à la pub Martini... Ca le fait pas !
Pfff, tout à l'heure des étudiants ont demandé à lancer un appel pendant mon cours pour annoncer une AG demain. Et ils ont fini par le fait qu'il fallait se battre contre la privatisation des univerités, pour la démocratie, etc... Et ben moi j'ai même plus le courage de leur expliquer la désinformation / pas confondre démocratie et liberté d'expression / manipulation naïve et tout ça...
Pour les UFR de philo et de lettres classiques, ben c'est sûr que si les facs peuvent s'organiser comme elles le veulent, créer et supprimer à leur guise leurs UFR y'a de matières qui vont trinquer. Mais le mouvement a déjà largement commencé.
Et puis soyons honnête, l'état du système univeritaire français est déjà tellement archaïque / lamentable / en piteux état que franchement, je ne la trouve pas si mauvaise, cette réforme (à part que je ne trouve pas le texte assez clair sur plein de points importants). Et ce qui me fait le plus mal, c'est que je suis même pas de droite :-(
@ Ed : j'en sors déjà assez souvent (un peu trop, je trouve).
@ Aleks : hmm... j'ai un regard de plus en plus méfiant envers les syndicats, ce qui m'amène à reconsidérer les mouvements précédents et... pas terrible.
@ Lysson : ah oué, mais c'est un peu facile de dire que "c'est pas écrit mais mécaniquement ça va faire ça". Moi je suis très bête, je connais très mal le fonctionnement interne d'une fac et si on m'explique pas précisément, je pige pas.
Je ne généralise pas, mais le blocage permet et tolère ce genre de dérapage (à propos, très joli la cuisine en haut de l'escalier...).
Les luttes pour un changement global, contre un gouvernement élu il y a moins de six mois... mouais.
@ c6l : hmmmm... j'ai déjà vu des fautes. Si j'en revois, je prendrai une tof juste pour toi (-:
@ monsieur H : c'est dur d'être à la fois contre les syndicats et Sarko. Le monde est beaucoup trop manichéen... hélas.
@ Ed : c'est pas ma faute...
@ la Vilaine : je sais plus quoi en penser, de cette loi... il y a des gens de gauche qui disent qu'elle est bien, des gens de droite qui disent qu'elle est nulle et moi, quand j'ose ouvrir ma grande gueule pour dire que je suis sceptique par rapport à tout ça, je me fais traiter de facho...
juste : "Les luttes pour un changement global, contre un gouvernement élu il y a moins de six mois... mouais."
naaaan, pas que contre ce gouvernement ! disons que ma lutte perso' s'est élargie au politique depuis que Sarkosy est au pouvoir, parce que là où j'attendais (pas de Sarko, ni de Royal d'ailleurs) un changement réel du systèmre social et économique, je ne vois qu'une radicalisation du modèle néo-libéral.
Ça y est la fac de sciences est bloquée elle aussi depuis hier soir. Des étudiants squattent les locaux, mais c'est assez calme. Je suis allée y faire un tour hier soir (pas pour le blocus mais pour un conseil d'administration d'une asso dont le local est en fac de sciences) et ben y avait personne dehors, pas de bruit, c'était tout calme. J'espère que ça va pas se dégrader, mais ils sont assez civilisés en sciences, pour le CPE y avait presque pas eu de dégats. Espérons que ça reste comme ça...
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